Détails du pharaonique déménagement de ce temple quelques mètres plus haut. Construction du barrage.

Détails du pharaonique déménagement de ce temple quelques mètres plus haut. Construction du barrage.

Facade du grand temple d'Abou Simbel peint par David Roberts. Aquarelle.

Détails du pharaonique déménagement de ce temple quelques mètres plus haut. Construction du barrage.

Voici quelques détails tout de même importants concernant ce monument et bien d’autres.

... Le Nil est le grand responsable du déménagement grandiose du temple qui se fit au cours des années 1960. Jadis, ce fleuve était la ligne de vie de l’Egypte, car ses alluvions fertilisaient le sol des rives. Mais il provoquait également, selon le niveau de ses eaux, les inondations ou les famines. Ses fluctuations étaient trop imprévisibles pour pouvoir planifier l’agriculture. Une seule solution permettait de résoudre ce problème : l’édification d’une retenue d’eau. Le barrage d’Assouan fut alors construit en 1902, près de la 1ère cataracte, entre l’Egypte et la Nubie égyptienne. Le lac s’étendait sur 241 km de longueur et immergeait par la même occasion, entre autres, un certain nombre de monuments de l’ancienne Egypte. Vers 1950, il fallut envisager une retenue d’eau plus importante. Le Haut-Barrage, à 6 km environ au sud d’Assouan, fut entrepris en 1960 et, avant que ne se terminât la décennie, le lac Nasser s’étendait sur une longueur de 499 kilomètres.

 

Vue d’ensemble de la colline artificielle du grand temple d’Abou Simbel.

Il fallut sacrifier quelques monuments aux exigences des bâtisseurs du barrage. Mais Abou-Simbel était un cas particulier. Ce chef-d’œuvre, l’un des plus importants datant de l’Egypte des pharaons, représentait un héritage appartenant au patrimoine mondial. Plusieurs pays s’alarmèrent du sort réservé aux deux temples, et de nombreux plans de sauvetage furent proposés. Tous les projets qui auraient permis de laisser les temples sur place durent être abandonnés. L’un prévoyait d’enfermer chaque temple sous une pellicule transparente pour le protéger de l’eau. Les visiteurs auraient pu y accéder par des tunnels sous-lacustres. Un autre consistait à édifier une digue permanente en demi-cercle, appuyée à la berge en amont et en aval des temples. Ces deux plans furent jugés irréalisables, tant du point de vue financier qu’en raison des problèmes d’entretien qu’ils impliquaient. Il fallait donc transporter les temples en un lieu sûr. Comme les hautes eaux du lac Nasser ne devaient pas atteindre le sommet de la falaise, l’emplacement était tout trouvé. Un projet italien, qui préconisait de détacher de la falaise le temple en un seul bloc puis de le hisser au sommet, se révéla trop coûteux. Enfin, le plan suédois, qui proposait de découper le monument en plaques et de les assembler une fois transportées, s’avéra réalisable et n’était pas trop onéreux. Il fut adopté et une véritable opération internationale commença. L’UNESCO avait pour tâche de contrôler et coordonner les efforts de 51 nations du monde entier. L’Egypte et les Etats-Unis garantissaient chacun un tiers des frais qui se montaient à un total de 40 millions de dollars. L’entreprise collective Abou-Simbel, consortium constitué par les représentants d’entreprises de Suède, de France, d’Allemagne de l’ouest, d’Italie et, bien sûr d’Egypte, assumait la responsabilité des travaux. Des archéologues et des experts en arts d’Europe et d’Amérique se constituèrent en conseil. Alors commença une véritable course contre la montre. Le Haut-barrage ne pouvait en aucun cas être retardé et il était déjà en construction depuis trois ans lorsque les derniers contrats furent signés au Caire en 1963. S’ils n’étaient pas déplacés à temps, les temples seraient engloutis. Les quatre années suivantes virent l’un des plus grands triomphes de l’histoire de la technique. Une petite ville naquit sur la falaise, destinée à abriter les ouvriers et leur famille, soit 1500 personnes. Des quartiers d’habitations, des cantines et même un hôpital y furent édifiés. Une installation électrique permettait d’éclairer le chantier toute la nuit, afin que le travail avançât sans relâche. Chaque heure était précieuse pour mener à bien cette opération sans précédent. L’une des premières tâches consista, à l’aide de bulldozers, à recouvrir de sable les colossales statues de l’entrée pour les protéger des pierrailles qui tombaient pendant l’excavation du sommet de la falaise. Il fallut dégager les deux temples sur tous les côtés pour pouvoir ensuite les détacher complètement du rocher auquel ils étaient intégrés. En bas, une digue provisoire arrêtait les eaux montantes du lac Nasser.

Reconstruction de la façade du grand temple.

Les méthodes scientifiques les plus modernes furent employées pour exécuter le transfert. La force de traction que les temples pouvaient supporter avait été calculée avec précision, et un solide filet métallique tirait lentement les édifices vers l’extérieur. Le grès, renforcé par une vaporisation d’acétate de polyvinyle, fut découpé et transporté. Les ouvriers utilisaient des scies spéciales pour découper murs, sols, plafond, piliers et statues en 1050 blocs. Chacun d’eux était ensuite placé sur un camion qui le transportait au sommet en attendant le moment où il serait méticuleusement enchâssé dans la niche qui lui était destinée. Le découpage des têtes des colosses fut certainement l’aspect le plus spectaculaire de l’opération. Chaque tête fut sciée verticalement, de la coiffure royale au menton et, bloc par bloc, hissée par un derrick, au moyen de tiges métalliques. La tête de Ramsès II se balançait, étincelait sous la vive lumière égyptienne et descendait, très lentement, pour se poser délicatement sur le sol. Le démantèlement, le stockage et la remise en place des blocs se faisaient simultanément. Deux énormes tertres artificiels, au sommet, recevaient les blocs que l’on reconstituait ensuite comme les pièces d’un immense puzzle. De vastes dômes de béton, édifiés au-dessus de chaque emplacement du temple, soutenaient le poids de la terre et des blocs qui s’y amoncelaient. L’opération de sauvetage, épuisante et passionnante, s’acheva en 1966. Abou-Simbel était sauvé.

Les deux temples sont maintenant situés à 64 mètres au-dessus de leur ancien site. Ils ont un aspect identique à celui qu’ils avaient avant, lorsqu’ils étaient au pied de la falaise. Les fragments d’une statue gisent sur le sol, comme avant. Au moment des hautes eaux, le Nil clapote tout près des temples, mais le fleuve est devenu un lac.

Abou-Simbel au bord du lac Nasser, résultat final.

 

 

Approfondissement : causes et inconvénients de la construction des barrages sur le Nil. http://www.bubastis.be/voyage/nubie/nubie.html

+++  Par contre, le petit temple d'Horus à el-Seboua, un des deux temples de Tafa, Gerf Hussein, le fort de Kouban (XIIe dynastie), le fort du Moyen Empire et le temple de la XVIIIe dynastie d'Aniba, ainsi qu'une partie de Kasr Ibrim ont définitivement sombré dans les eaux du Nil.

+++++ Quant aux villages nubiens aux couleurs éclatantes qui s'échelonnaient autrefois sur les rives du Nil, entre la première et la deuxième cataractes, ils furent rayés de la carte. La population (100.000 personnes) dut quitter sa terre ancestrale pour être relogée pour moitié en Egypte, près de Kom Ombo à 14 kilomètres au nord d'Assouan, et pour moitié dans le nord-est du Soudan, à Kachem el-Gouba.

 

 

Sources :  

Quelques détails intéressants, si vous voulez continuer la lecture sont à lire ici : http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_sauvetage_des_temples_de_nubie.asp ;

Sources détaillées sur le barrage : http://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_barrage_d'Assouan ; des détails sur les bons côtés et surtout les mauvais qu’ont engendré la construction du Haut-barrage : http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/developpement-durable/d/geopolitique-et-guerre-de-leau_622/c3/221/p4/ ; sources diverses dont Toutankhamon n°44 pour les docs. http://www.bubastis.be/voyage/nubie/nubie.html ; http://www.infrastructures.com/0200/assouan.htm

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Date de dernière mise à jour : 07/10/2012

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