Les portes du ciel .... la suite !!!

... la suite !!!!!!!

Les portes du Ciel

 

...Vivre après la mort

 

Enveloppe en cartonnage de Djed-Khonsou-iou-ef-ankh

2003 Musée du Louvre / Georges Poncet, 3epériode intermédiaire, 22edynastie, Toile agglomérée, stuquée et peinte
H. : 1,70 m ; L. : 40 cm ; Pr. : 33 cm

Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (N 2621)

Ce cartonnage appartenait au clergé du dieu Amon de Karnak, dénommé Djed-Khonsou-iou-ef-ankh : «puisse (le dieu) Khonsou dire : il vivra !». Lacé autour de la momie, il en constitue la première enveloppe protectrice, le tout étant ensuite enfermé dans un ou plusieurs autres cercueils de bois. Pour son visage, le défunt se voit attribuer des caractéristiques divines : une peau d’or, métal inaltérable et des cheveux bleus sombre imitant le lapis-lazuli. Un large collier qui complète la parure est enserré par les ailes du scarabée à tête de faucon qui représente le dieu Khépri. Le reste des scènes est divisé en trois registres superposés. En dessous du scarabée ailé, un registre comporte les images du dieu Osiris suivi de ses deux sœurs Isis et Nephthys faisant face au dieu Horus. Ce dernier conduit le défunt vers son père. La déesse de la nécropole ferme la marche. Dans l’axe du cartonnage aux deux registres inférieurs se trouvent les deux emblèmes principaux d’Osiris - le «reliquaire d’Abydos» et le pilier djed - encadrés par ses deux sœurs munies d’ailes protectrices et dispensatrices du souffle vivificateur. Toutes les scènes sont faites pour être vues par un observateur qui fait face à la momie, sauf deux : le soleil ailé qui coiffe la calotte crânienne, et la navigation de Rê le dieu soleil sur le dessus des pieds, qui fait face au mort, sans doute pour qu’il puisse mieux prendre part à son voyage.

 

Les Égyptiens, loin d’être fascinés par la mort, désiraient «pouvoir faire tout ce que l’on avait coutume de faire lorsque l’on était sur terre» en déjouant la disparition du corps et de ses fonctions vitales.

Quel scénario pour « l’après-vie » ?
Les plus anciens textes funéraires connus – les Textes des Pyramides, vers 2150 av. J.-C. – sont rédigés au bénéfice exclusif du roi qui seul est gratifié d’une éternité glorieuse.
Après la Première Période Intermédiaire, vers 2033 av. J.-C., chacun se voit octroyer une survie glorieuse en s’identifiant au dieu Osiris. Cette destinée est décrite dans les Textes des Sarcophages dont des chapitres seront repris dans le Livre pour sortir le jour plus connu sous le nom de Livre des Morts. (voir Articles sur 'le Livre des morts')

Les entités survivantes
Le cadavre ne ressuscite pas après le trépas mais certaines facultés vitales du défunt bénéficient d’une régénération perpétuelle. A la mort de l’individu, des entités – le ka, le ba– se retrouvent libérées du corps qui les retenait. (voir article sur le ba, troisième page du livre des morts) Leur survie simultanée dans les différents secteurs de l’au-delà est la condition indispensable de la vie éternelle. Elle dépend aussi de la préservation du cadavre et du nom du défunt.

Le corps comme sanctuaire
La survie après la mort implique d’éviter à tout prix la destruction du corps. Il doit impérativement rester intact afin d’abriter les entités qui survivent à l’individu quand elles passent dans le monde des vivants. Attesté depuis vers 3100 av. J.-C., le procédé de la momification sera utilisé dans ce but jusqu’à l’époque romaine.

 

Sarcophage de la dame Tanethep, 2008 Musée du Louvre / Georges Poncet, Provenance incertaine, probablement nécropole de Saqqara, Époque ptolémaïque, 2e siècle av. J.-C., Grauwacke, H.. : 1,78 m ; L. : 60 cm ; Pr. : 41,5 cm,

 Ce sarcophage, réalisé pour une femme nommée Tanethep, se compose de deux parties qui s’emboîtent l’une dans l’autre. Il est couvert de textes tirés du Livre des Morts,dont ce cercueil constitue un véritable équivalent tridimensionnel. Les chapitres sélectionnés à dessein sont disposés sur le sarcophage aux endroits du corps concernés par le contenu de la formule hiéroglyphique. La face antérieure comporte la représentation du bade Tanethep sous la forme d’un oiseau à tête humaine en compagnie des déesses Isis et Nephthys qui lui tendent respectivement une voile, hiéroglyphe du souffle, et ceux signifiant «vie, stabilité, pouvoir». Il est représenté à la fois s’envolant vers la lumière mais aussi étreignant le corps grâce à ses mains. Au revers du couvercle, sur la face interne, on trouve l’image de Nout, déesse du ciel, représentée nue et étendue au dessus du défunt. Elle est la contrepartie céleste de la déesse de l’Occident représentée à l’intérieur de l’autre moitié du sarcophage évoquant le monde des morts. La défunte se trouve ainsi placée entre deux univers tout comme le soleil dans sa course journalière ce qui lui garantit une renaissance perpétuelle. La face extérieure de la cuve porte une représentation d’Anubis, dieu des embaumeurs, s’avançant vers une silhouette humaine – la momie ou le sarcophage - accompagnée de textes sollicitant la protection de divinités. Ces textes, comme ceux du couvercle, ne sont lisibles que lorsque le cercueil est en position verticale, position du sarcophage théorique lors des rites de l’ouverture de la bouche devant la tombe. En revanche, le décor de divinités sur les flancs du sarcophage se réfère au monde des morts et n’est lisible qu’une fois que le cercueil est placé en position horizontale. Ce sarcophage est un témoin exceptionnel de la qualité que peuvent atteindre certaines œuvres en pierre à l’Époque ptolémaïque et de la persistance de croyances funéraires égyptiennes pendant la domination macédonienne.


Géographie de l’Au-delà

Le monde de l’Au-delà est d’une structure difficile à cerner pour nos esprits cartésiens. Fermé sur lui-même, il conjugue plusieurs caractéristiques topographiques a priori inconciliables tout en étant parfois un reflet des mondes céleste et terrestre.

Gardiens, portes et édifices
Plusieurs édifices jalonnent les espaces et domaines de l’Au-delà. Leur architecture est proche de celle de la réalité égyptienne à ceci près que les structures qui la composent sont dotées de la parole et de pouvoirs destructeurs. Tout comme ici-bas, ces bâtiments sont inséparables de leurs gardiens, préposés à la garde des accès ou à celle de leurs habitants. Mots de passe, menaces, formules magiques et passe-droits permettent au défunt d’en franchir les portes pour atteindre le domaine le plus important : celui d’Osiris.

Les espaces naturels de l’autre monde
Les espaces naturels de l’autre monde s’inspirent pour beaucoup des réalités du paysage égyptien. Espace désertiques ou arides, buttes sablonneuses, canaux, champs et chemins composent un paysage que doivent traverser tant le soleil pendant la nuit que le défunt. Ils sont peuplés d’êtres ou de créatures, empruntés à la réalité, hybrides ou imaginaires. Parmi ces lieux, la Campagne des Roseaux et la Campagne des offrandes ont été comparées à un Paradis, notion commune à de nombreuses religions, où le défunt jouit sans cesse de loisirs et de nourriture dans un cadre idyllique.

Cartographier l’inconnu
Parmi les plus anciennes cartes connues à ce jour figurent celles peintes sur le fond de cercueils provenant pour la plupart de la nécropole du Gebel el-Bercheh en Moyenne Égypte. Remontant au début du Moyen Empire, vers 1963-1898 av. J.-C., ils fournissent au défunt qui s’y trouvait placé un guide détaillé des espaces de l’au-delà.

Après avoir franchi les portes d’accès à l’autre monde et une ceinture de feu, le défunt doit parvenir à l’issue d’un périple compliqué, à la demeure où résident Ré et Osiris. Les textes qui en accompagnent la représentation sont connus sous le nom du Livre des deux chemins. Ils fournissent une description précise de zones à la topographie complexe, tant souterraines que célestes, protégées par des gardiens redoutables.

Situé aux confins des mondes, terrestre, céleste et souterrain, l’Au-delà cartographié comprend une succession de zones ténébreuses et de territoires emplis de flammes.
Un secteur particulier comportant les deux chemins, une voie terrestre et l’autre fluviale y est particulièrement détaillé. Des codes de couleurs et des conventions élaborées de représentation ou de schématisation, témoignent de la richesse de la pensée égyptienne dans la mise en œuvre d’un processus cartographique d’espaces dont la réalité est immatérielle.

 

Sortir au jour, sortir le jour

Le défunt est lié au cycle éternel du soleil, les entités qui lui survivent doivent revenir sans entrave à la lumière pour se régénérer avant de revenir vers leur hôte, dont le corps reste dans le caveau au cœur du monde souterrain.

Le cœur et la balance
Le destin du mort est subordonné à un double jugement. Il comparaît devant 42 juges devant lesquels il se proclame innocent de toute action contraire à l’ordre social, moral et cosmique qu’incarne la déesse Maât. Le verdict définitif résulte d’un examen plus impartial. Le cœur de l’individu est confronté à l’image de cette déesse par le biais d’une pesée. Les Livres des Morts montrent systématiquement les plateaux de la balance en équilibre assurant par la valeur magique de l’image un verdict toujours favorable au défunt. Il est alors déclaré « juste de voix » et peut prendre place parmi les suivants d’Osiris.

Partir et revenir
Après la comparution dans la salle du jugement, une partie du défunt reste auprès d’Osiris, alors que d’autres composantes de son être doivent regagner le monde visible pour survivre et « sortir au jour ». Cependant sous peine de devenir errantes et dangereuses pour les vivants, ces entités doivent impérativement revenir dans le monde souterrain et retrouver leur hôte. Le cadavre de ce dernier leur sert de tabernacle et constitue pour elles un refuge sacré en principe éternel. Ce cycle d’entrée et de sortie du monde souterrain parallèle à celui du soleil constitue pour le défunt sa nouvelle vie éternelle.

Entrer et sortir : la Chapelle de la tombe

 

Fausse porte d’Izi, 2004 Musée du Louvre / Georges Poncet, Cimetière de Saqqara Nord
Moyen Empire, 12edynastie, vers 1963-1786 av. J.-C., Calcaire peint, H. : 81,5 cm ; L. : 49,5 cm

Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (C 164)

Symbolisant la communication entre la chapelle, avec son dispositif d’offrandes et le caveau où repose le corps du défunt, cette fausse-porte imite, en trois plans successifs, une entrée réelle : encadrement extérieur avec montants et architrave ; paire de montants intérieurs coiffés d’un petit linteau et d’une « pancarte » ; porte à deux battants fermée par des verrous et couronnée d’un tambour (la natte enroulée). Dans la seconde moitié de l’Ancien Empire, on ajoute fréquemment à l’ensemble un tore d’encadrement et une haute corniche sommitale, imitant une architecture sacrée faite à l’origine d’éléments végétaux ; la fausse-porte devient alors un temple en réduction. Le propriétaire Izi (ou son ka ?) est représenté symétriquement sur les montants, se dirigeant vers « l’intérieur » du monument ; assis dans le tableau supérieur, il consomme pour l’éternité les offrandes qui ont été déposées devant lui, dans le cadre de l’offrande royale aux dieux funéraires, Anubis et Osiris, dûment inscrite en deux lignes sur l’architrave. L’essentiel des textes n’a toutefois, comme il est d’usage, aucun rapport avec l’offrande, mais vise à détailler l’identité du défunt. Le nom de celui-ci est répété autant que possible ; ses titres, en rapport avec l’administration du Trésor, s’égrainent en longues colonnes, tandis que les lignes se limitent, en forme de résumé, à sa position à la Cour.

 

Implantée à la limite du désert, la chapelle de la tombe constitue pour le défunt un contre-point de son ancienne demeure terrestre. Le caveau, souterrain, abrite sa dépouille et la protège de toute atteinte en la soustrayant au monde des vivants.
La chapelle qui le surmonte lie, en revanche, son propriétaire à ceux qui sont «sur terre».

 

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.../. Entrer et sortir : la Chapelle de la tombe

 

Un édifice indispensable
La chapelle de la tombe est comparable à un sanctuaire un peu particulier. Les entités surnaturelles qui survivent au défunt peuvent sortir du monde des morts et y évoluer pour disposer des offrandes funéraires réelles ou figurées par l’image. La chapelle les retient aussi en les empêchant de vagabonder plus avant dans le monde des vivants où elles risquent d’être dangereuses. Elle constitue un point d’ancrage et un repère qui permet le va-et-vient de ces entités entre les mondes et de retrouver leur propriétaire sans encombre.

 

D'une foulée assuréen le roi Djoser (IIIe dynastie), constructeur de la première pyramide, participe à une course rituelle ; ce relief orne le mur d'une chambre décorée de briques vernissées dans le tombeau du pharaon à Saqqarah. On peut voir la magnifique porte qui permettra au défunt de continuer à faire les mêmes choses dans l'autre monde.

 

Un dispositif de survie
À première vue, les scènes décorant les parois des chapelles – et plus rarement le caveau lui-même – sont le témoignage le plus éclatant du triomphe de la vie. Elles livrent des informations précieuses sur une multitude d’aspects du quotidien. Cependant leur unique but est la survie du propriétaire du monument dans une logique de préservation de l’individu. Scènes agricoles ou d’artisanat, épisodes importants de la vie du défunt ne font que pérenniser sur un support solide des cycles de production des offrandes ou des actes dont le défunt est le bénéficiaire du fait de son exemplarité. Les textes accompagnant ces scènes ou ceux à vocation plus spécifiquement funéraire complètent le dispositif de survie. Selon le statut social, ce dispositif peut être élaboré ou minimaliste voire même factice.

 

Au seuil des mondes : la Chapelle

 

Groupe représentant Youyou et son épouse Tiy, 2002 Musée du Louvre / Christian Décamps,

 Memphis Nouvel Empire, 18edynastie, règne d’Aménophis III, vers 1390-1352 av. J.-C., Quartzite
H. : 46,2 cm ; L. : 29 cm ; Pr. : 31,5 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (A 116)

Les statues Égyptiennes placées dans la chapelle de la tombe permettaient de rendre éternelle la présence physique du défunt. Elles étaient également le réceptacle des offrandes liées au rituel funérairequi assuraient la survie éternelle du défunt. Dans ce groupe, Youyou, gardien de la maison de l’argent, et son épouse Tiy sont représentés assis sur un siège cubique à dossier bas. L’homme et la femme se croisent les bras en signe d’affection. Ils portent une perruque à frisons pour l’homme et une perruque tripartite pour la femme. Leurs vêtements soulignent leur position sociale relativement élevée. Un texte de l’appel aux vivants est gravé sur la statue. La statue représente l’intermédiaire entre le mort et les vivants. Ainsi, les statues déposées dans la tombe incitent à la générosité des vivants en leur demandant d’apporter le repas funéraire aux morts en échange d’une compensation. Ces offrandes peuvent être réelles mais ils peuvent aussi se contenter de lire la formule d’offrande inscrite sur la statue et de réciter une prière à l’intention du mort. La parole étant douée de vie, l’offrande récitée existera magiquement. L’apparition des appels aux vivants est liée à la volonté pour les Égyptiens de sauvegarder leur tombe et de se voir assurer un service funéraire, ces deux conditions étant nécessaires pour leur survie. Le défunt y souligne sa valeur et sa bonne conduite. Les dieux invoqués rétrocédaient une partie des offrandes qui leur étaient apportés au défunt.

 

La chapelle de la tombe comprend différents éléments servant tous le même but : assurer au défunt une survie perpétuelle. L’image et les textes jouent à cet effet un rôle fondamental de relais virtuel d’une réalité susceptible de vicissitudes.

La chapelle et ses substituts
Selon un procédé récurrent de la pensée égyptienne, l’image peut souvent évoquer la partie pour le tout ou la fin par le moyen. La réalité tridimensionnelle de la chapelle et de son mobilier peut ainsi être transposée en un élément votif en deux ou trois dimensions dont la forme et la décoration, même simplifiée à l’extrême, rappellent la fonction.

Fausses portes, vrais passages
La stèle dite fausse porte permet la circulation des composantes pérennes du défunt entre le monde des vivants et celui des morts et les échanges nécessaires à leur régénération. Elle se lit ainsi comme élément architectural factice dont l’aspect est caractéristique des portes mais aussi comme la représentation en fausse perspective d’une habitation où demeure le défunt.

Image de soi, images pour soi
Le propriétaire de la chapelle, dans une logique de préservation, est représenté tant en bas-relief que par des statues évoquant son statut social ou marital. Leur unicité ou leur multiplicité varie selon les époques. Ces effigies sont le plus souvent placées dans un espace isolé des vivants ou incluses dans l’encadrement de la fausse porte rappelant ainsi que leur possesseur n’appartient plus à ce monde.

 

Stèle de Paser l’Ancien, 2006 Musée du Louvre / Georges Poncet

Nouvel Empire, milieu de la 18edynastie, Calcaire, H. : 61 cm ; L. : 45 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (C65)

Sur cette stèle cintrée est d’une grande originalité. Au premier registre, occupé par une double scène d’offrandes, Paser l’Ancien, directeur des chambellans, et sa femme reçoivent l’hommage d’un prêtre ; l’absence d’orant du côté droit doit être remarquée, son fils et sa bru se retrouvant assis seuls face à leur table d’offrandes, fait plutôt inhabituel dans ce type de scène. Le texte du second registre débute, comme c’est l’usage, par une formule d’offrandes dont le nom du principal bénéficiaire, Paser, est précédé d’une longue série d’épithètes laudatives. Lorsque Paser prend ensuite la parole pour vanter lui-même ses mérites, son discours est rédigé en écriture «cryptographique», chaque signe hiéroglyphique apparaissant avec une valeur différente de celle qu’on lui connaît habituellement. En usage dès le Moyen Empire, ce procédé ne vise pas la dissimulation d’informations mais attire surtout l’attention du lecteur et l’oblige à s’arrêter pour exercer sa sagacité et démontrer ses propres aptitudes intellectuelles. Rien de tel pour qu’il se souvienne ensuite du personnage et qu’il en perpétue le souvenir. La fin du texte renoue avec des graphies plus orthodoxes à travers une évocation détaillée de celui qui s’est chargé de faire exécuter ce monument pour son grand-père homonyme, le scribe du roi Paser le Jeune, dont on retiendra qu’il était «préposé aux secrets dans la Bibliothèque», fine allusion au choix très intellectuel que représente l’usage de la cryptographie.
 

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 .../. Au seuil des mondes : la Chapelle  

 

 Un lien actif avec les vivants

En dépit de sa localisation au sein de la nécropole située dans le désert, la chapelle de la tombe constitue un espace qui ne sert pas que lors de l’inhumation du défunt. Rites funéraires familiaux et fêtes religieuses contribuent à maintenir les morts étroitement associés aux vivants.

Un espace de culte
Le culte funéraire comprend le dépôt d’offrandes alimentaires ainsi des fumigations d’encens et une libation d’eau, indispensables au kaet au badu défunt. Contrats et tarifs régissent ces services quand ils ne relèvent plus de la seule famille. Si le culte venait à cesser, les formules funéraires garantissent une sustentation éternelle si l’on peut capter l’attention d’un vivant qui pourra les lire à voix haute. Il confère ainsi aux offrandes une existence virtuelle qui suffit au défunt pour survivre.

Un lieu de la mémoire sociale
L’existence de la chapelle de la tombe permet un maintien de la personne du défunt au cœur de la collectivité grâce à la perpétuation de sa mémoire entretenue par sa famille, par l’administration locale voire même par ses collègues professionnels. Elle est ainsi un espace largement ouvert aux vivants, acteurs indispensables à l’accomplissement des rites funéraires et à l’entretien du monument, vecteur de la visibilité sociale du défunt.

 

Stèle du contrôleur d'équipe Imenyseneb, 2002 Musée du Louvre / Christian Décamps

Provenance incertaine, Abydos très probablement, Moyen Empire, 13edynastie, règne de Khendjer, vers 1750 av. J.-C.
Calcaire peint, H. : 1,07 m ; L. : 54 cm ; ép. : 11 cm

Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (C 12)

Iményséneb raconte fièrement comment le scribe du vizir est venu le convoquer, comment il a reçu de ce dernier l’ordre de nettoyer le temple d’Abydos, et comment il a supervisé une complète restauration, intérieure et extérieure, de l'édifice bâti par Sésostris Ier ; comment, enfin, le roi Khendjer en personne, de passage dans la ville, s'est déclaré très satisfait du résultat et l'en a grassement récompensé. Une autre stèle d’Iményséneb, également au musée du Louvre, mentionne la restauration de toutes les chapelles du temple, une à une, et la réfection des autels destinés aux offrandes de toutes les divinités.
Il y avait, certes, de quoi être fier de son travail, et c’est pourquoi le contrôleur d’équipe fit ériger, probablement dans le temple même, ce résumé de son action au bénéfice des dieux du monde des morts, Osiris et Oupouaout, en deux stèles propres à faire passer à la postérité le nom d’Iményséneb, fils de Ouaemka et de la dame Nébetit.

 

 

Aux Portes du ciel : le Parvis du temple

 

Le temple est le point de contact entre le monde des dieux et celui des hommes, où la terre et le ciel se rejoignent au niveau du lieu qui abrite l’effigie de la divinité.

Une demeure pour le dieu
Le territoire de l’Égypte comporte une multitude de temples dédiés à des divinités d’inégale importance dans le panthéon égyptien. Cependant, même mineure, toute divinité dans son temple est considérée, au moins à l’échelon local, comme le créateur du monde et l’ordonnateur de sa perpétuation. Le temple est de ce fait la demeure du dieu, demeure permanente ou lieu de halte pour y dormir ou s’y réveiller. Son image y reçoit un culte quotidien : après l’ouverture des «portes du ciel» du tabernacle, on sort la statue divine qui est nourrie, vêtue et ornée. La divinité est présente dans la réalité du mondé créé qu’elle contribue ainsi à faire exister.

 

Tabernacle miniature,2006 Musée du Louvre / Georges Poncet, Basse Époque, 664-332 av. J.-C.,

Bois, H. : 20 cm ; L. : 17,8 cm ; Pr. : 10,8 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (E 2541)

Malgré ses dimensions modestes, cet élément fournit de précieux renseignements sur l’aspect des tabernacles égyptiens car il imite la petite chapelle originale, appelée également naos, qui était en pierre ou en bois. Ce tabernacle en bois a conservé ses «portes du ciel» et les poignées qui servaient à les ouvrir. Les reliefs des temples montrent l’usage de ce type de réceptacle.
Fixe dans le saint des saints, il contient la statue de la divinité honorée dans le temple. Niché dans une barque portative ou porté à bras par les prêtres, il renferme une effigie divine qui est conduite en procession ou qui s’apprête à participer à une fête comme celle de l’Union au disque célébrée sur le toit des temples.

 

Un horizon pour les hommes
Le temple est un espace sacralisé requérant des exigences rituelles de pureté. Son accès est la plupart du temps interdit à ceux qui n’appartiennent pas au personnel qui assure le culte et son intendance. Le sanctuaire est isolé du reste du monde par une enceinte percée de portes monumentales ; leur ouverture est comparable pour les hommes à la manifestation divine que constitue le lever du soleil à l’horizon chaque matin. Les portes du temple sont ainsi pour eux les «portes du ciel» et se trouver à leur voisinage immédiat est le moyen de s’associer à la divinité.

 

Porte de naos d’Amasis, 2006 Musée du Louvre / Georges Poncet, Basse Époque, 26e dynastie, règne d’Amasis, 570-525 av. J.-C.

Bois, incrustation de pâte de verre colorée, dorure, H : 31,5 cm ; L : 27,5 cm ; Pr : 4,5 cm.
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (E 605)

 Point de contact entre la terre où vivent les hommes et le ciel où résident les dieux, le sanctuaire représente l’horizon. Lieu le plus sensible du temple, le sanctuaire abrite le naos avec la statue du dieu honoré dans le monument. Cette salle, particulièrement bien protégée, et son tabernacle sont fermés, comme l’illustre cet objet, par deux vantaux considérés par les Égyptiens comme «les portes du ciel». Celles-ci marquent le passage entre le monde terrestre et l’univers du divin.
Les vantaux sont décorés d’une scène en bas-relief évoquant le point culminant du culte se déroulant dans le sanctuaire. Le roi Amasis, coiffé de la couronne khéprech et dominé par le disque solaire protecteur, est agenouillé sur un socle. Il présente au dieu assis sur un siège la figurine de Maât, déesse incarnant l’ordre du monde. Le dieu, à tête de faucon, coiffé d’un disque solaire dominé par deux hautes plumes, est Sopdou. Associé à l’Est, il protège le Delta oriental et veille sur les expéditions minières envoyées au Sinaï. Il tient dans les mains le sceptre ouas, signe de puissance, et le signe de la vie ankh, bienfaits qu’il donne au roi en échange de son offrande. Le rite prend place sous le signe du ciel étoilé et sous le disque solaire ailé. En bas, le décor reproduit le motif de la façade du palais royal archaïque. De brèves légendes hiéroglyphiques identifient les personnages : Amasis et Sopdou.
Ce panneau est l’un des premiers témoignages de chapelles de bois incrusté de verre.

 

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 .../. Aux portes du Ciel : le parvis du Temple

 

S'approprier l'invisible

Situé au cœur du sanctuaire, le meuble sacré contenant la statue du dieu est inaccessible aux hommes hormis aux prêtres qui lui rendent un culte quotidien, et au roi. Les portes du ciel dissimulent l’effigie divine au regard, protégeant ainsi le mystère de son apparence et garantissant la préservation de son caractère supranaturel.

Statue de Pamontou dit Palyn, 2006 Musée du Louvre / Georges Poncet, Provenance : Tôd probablement
Fin de l’Époque ptolémaïque-début de l’Époque romaine, Granite, H. : 82,2 cm ; L. : 28 cm ; Pr. : 26 cm

Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (E 20361)

Il s’agit d’un membre d’une famille éminente, en poste dans la région thébaine, où il fut administrateur de province, prêtre de Tôd, au service de son patron, Montou, et des divinités qui l’entourent. Comme il tient à le rappeler sur son monument, il a pris une part active aux célébrations locales et a contribué au développement du temple en supervisant la construction d’un kiosque et d’un lac sacré, encore visible aujourd’hui. Cette statue le représente debout, les bras le long du corps, portant sur son vêtement sacerdotal une peau de panthère et suspendu à son cou l’insigne bat que les personnages investis de responsabilités sacerdotales portent souvent associé à la peau de panthère, du moins aux époques tardives.

 

Toucher le dieu
Les représentations de tabernacles ou de statues divines existent sous diverses formes dans le monde profane extérieur au temple, abolissant ainsi leur séparation d’avec le monde des humains. Les insignes de prêtres ou les emblèmes divins permettent aussi ce contact. Toucher le dieu par ces subterfuges visuels assure un lien direct entre l’individu et la divinité. Les statues qui transcrivent ce fait se multiplient aux époques où prévaut la piété personnelle, lien individuel entre le dieu et son dévot se passant de tout intermédiaire.

Statue d’un homme présentant une image d'Osiris, 2003 Musée du Louvre / Georges Poncet,

 Milieu de la 26e dynastie, 664 - 525 avant J.-C., Grauwacke, H. : 25,1 cm ; L. : 6,4 cm ; Pr. : 8,7 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (E 4299)

Un personnage debout semble présenter devant lui une image divine, à l’effigie d’Osiris. Il avance les bras, permettant ainsi à ses deux mains de venir se poser sur les avant-bras du dieu. Ce dernier est lui aussi dressé, mais sur un socle qui lui est propre, ce qui indique bien qu’on est confronté à une représentation du dieu et non au dieu lui-même. Le plus important n’est pas de montrer le personnage présentant une image divine, mais d’associer à sa représentation celle d’une divinité, comme les inscriptions elles-mêmes l’expliquent parfois.

 

Reflets du divin
Certaines statues de particuliers semblent à nos yeux témoigner d’une posture de simple offrande, mais elles figent plus précisément des actes de présentation à la divinité du lieu, d’une image profane de son tabernacle ou de son effigie. Le donateur en attend en retour une action bienveillante, autant du dieu que des humains amenés à contempler le monument. L’apparence de la divinité, révélée par ces monuments placés à la périphérie ou hors de la zone sacrée, peut différer de la statue de culte contenue dans le tabernacle dont très peu d’exemplaires ont été préservés.

 

Statue du Grand prêtre d'Osiris Youyou, présentant une chapelle, 2006 Musée du Louvre / Georges Poncet, Abydos, probablement,
Règne de Ramsès II (1279-1213 avant J.-C.), Granite, H. : 1,11 m ; L. : 36,5 cm ; Pr. : 47,5 cm

Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (A 67)

Un homme agenouillé, revêtu d’une peau de félin présente une chapelle contenant l’image traditionnelle du dieu Osiris. Ce type de statue, dite naophore, fut très en vogue chez les particuliers au Nouvel Empire, surtout à l’époque ramesside. Les inscriptions qui surchargent le monument consistent dans la répétition du nom, des titres et de la filiation du personnage représenté. Il s’agit du premier prêtre d’Osiris, Youyou, fils d’Ounennefer, lui-même prêtre d’Osiris, et de la chanteuse d’Osiris, Tiy. La statue porte les cartouches du roi Ramsès II gravés en plusieurs endroits. C’est en effet sous le règne de ce roi que Youyou exerça ses fonctions dans la ville d’Abydos à la suite de son père. Il appartenait à une lignée de prêtres d’Osiris qui, sous les règnes successifs de Séthi I et de Ramsès II, présidèrent à l’édification des grands temples d’Abydos, principal lieu de culte du dieu Osiris. Ces notables qui se transmettaient leurs charges de père en fils sont bien connus par la grande quantité de statues, stèles et bas-reliefs à leurs noms, aujourd’hui dispersés dans les musées, dont plusieurs au musée du Louvre, nous permettant de reconstituer à travers des liens de parenté parfois compliqués la généalogie de cette famille et de suivre la carrière des uns et des autres.

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.../. Aux portes du Ciel : le parvis du Temple

 

 

Statue cube naophore du scribe Khâ, 2001 Musée du Louvre / Georges Poncet, Abydos, probablement Nouvel Empire, 19e dynastie
règne de Ramsès II, vers 1279-1213 avant J.-C., Quartzite, H. : 63,5 cm ; L. : 23,8 cm ; Pr. : 37 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (A 65)

Le défunt est accroupi sur un coussin, le dos calé contre un pilier dorsal et le corps enveloppé d’un manteau laissant apparaître la tête, les bras et les pieds. Devant lui, le naos, chapelle ornée d’une corniche à gorge, abrite, la statue du dieu Thot sous l’apparence d’un babouin couronné de la lune et de son croissant. Une table d’offrandes couverte d’aliments, oiseaux et pains, est disposée verticalement à la partie inférieure du naos. Sur le pilier dorsal et l’encadrement du naos des inscriptions composées de formules d’offrandes sont adressées aux dieux Osiris, Oupouaout, Anubis par le scribe royal de la table du seigneur du Double Pays, Kha, fils de Montoummin et d’Isetemheb. Il précise, dans un hymne formulé à Osiris, avoir accompli de nombreux rites dans le sanctuaire d’Abydos. Les cartouches de Ramsès II gravés sur son bras sont liés à l’une de ses fonctions puisqu’il avait la charge d’approvisionner le palais de pharaon. Si singulièrement aucune mention du dieu Thot n’apparaît dans les inscriptions, la représentation animale sculptée du dieu dans le naos avait la même vertu créatrice. Une des inscriptions, par sa difficulté, interpelle le lecteur et témoigne de l’érudition ostentatoire du défunt.

 

 

Au seuil du sacré : le parvis

L’aménagement des parvis du temple mêle les images du roi et celles de certains de ses sujets. Leur configuration est mieux connue à partir du Nouvel Empire vers 1550 av. J.-C. et par les vestiges des temples des époques postérieures. Textes et représentations complètent les informations fournies par l’archéologie.

 

Statue-cube de Ouahibrê, 2008 Musée du Louvre / Georges Poncet, Provenance incertaine, Saïs probablement, Fin de la 26e dynastie, Diorite
H. : 1,02 m ; L. : 45 cm ; Pr. : 66 cm

Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (A 91)

Il existe quatre autres statues-cubes appartenant à Ouahibrê, riche administrateur des douanes dont on a retrouvé quatorze effigies différentes. En principe, plus une statue-cube est grande, plus denses sont ses inscriptions et mieux sont exprimés les souhaits de son propriétaire. Celle-ci fait exception à la règle : ses côtés ne sont pas inscrits, sa partie antérieure ne porte qu’une courte inscription de trois lignes livrant le signalement du personnage, et son dos une simple version de la formule dite «saïte» répartie sur deux colonnes.

 

Une sentinelle d’exception
Les statues colossales du souverain complètent les représentations en bas-relief présentes sur les parois des massifs monumentaux marquant l’entrée du temple. Le pharaon y abat ses ennemis montrant ainsi que le désordre qui peut menacer l’espace sacré du temple, est neutralisé par celui que les dieux ont placé sur le trône pour préserver l’ordre du monde. Cependant, les images du souverain font aussi face à quiconque se présente à la porte du temple. Elles constituent alors une représentation, dans l’espace des hommes, de celui qui est au plus près des dieux.

 

Stèle de Râmes, 2005 Musée du Louvre / Christian Décamps, Deir-el-Médineh, provient de l’édifice khénou de Ramsès II
Nouvel Empire, 19e dynastie, règne de Ramsès II, Calcaire, H. : 30,6 cm ; L. : 20,5 cm ; Pr. : 4,5 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (E 16373)

L’image du pharaon massacrant ses ennemis est un thème récurrent. Traditionnellement réservé au Nouvel Empire aux immenses parois des pylônes des temples, on le retrouve ici exploité au premier registre d’une petite stèle privée.
Le roi Ramsès II est représenté victorieux, coiffé d’une couronne composite, paré d’un collier large et vêtu d’un pagne asymétrique. Sa main gauche levée au-dessus de sa tête serre une massue qu’il s’apprête à abattre sur un groupe d’ennemis dont il empoigne les cheveux de son autre main. Agenouillés, leurs corps enchevêtrés, les adversaires vaincus tentent d’obtenir sa clémence en levant vers lui des mains implorantes. L’attitude toute en tension du souverain emporté par son élan contraste avec celle, ramassée, des ennemis recroquevillés au sol. Dans la partie inférieure de la stèle, le scribe Râmes, agenouillé, adresse à son roi une adoration dont il espère retirer «une existence parfaite dans la Place de Vérité».
À travers ce témoignage, c’est tout un pan de la croyance populaire qui nous est offert ; les monuments de ce type expriment une pratique religieuse toute personnelle : exclu du contact quotidien avec la statue de culte réservé aux prêtres, le simple dévot tourne ses suppliques vers la principale image cultuelle qui lui est accessible en permanence, celle que lui offre l’extérieur du temple. Vision certes rassurante du pharaon triomphant des ennemis de l’Égypte, elle est surtout le symbole de la présence du dieu lui-même.

 

Des intermédiaires intéressés
Les particuliers cherchent à être présents au plus près des portes qui donnent accès à la zone sacrée grâce à un monument les liant durablement à la divinité du lieu. Par privilège ou du fait de leur fonction, certains se font représenter tenant ses emblèmes ou son image. D’autres se font représenter assis au sol. Par cette présence forte et visible, ces personnages se vantent par leur biographie ou par la sollicitation du passant d’être des intermédiaires efficaces auprès du roi ou du dieu. Ils attendent ainsi pour l’éternité de recevoir en retour les offrandes d’exception présentées à la divinité dans son sanctuaire ou le simple hommage pieux d’un visiteur.

 

 

Verrou en forme de lion, 2008 Musée du Louvre / Georges Poncet, Basse époque, 27e-31e dynasties, 525-332 av. J.-C., Bronze
H. : 15,8 cm ; L. : 33,5 cm ; Pr. : 10 cm
Musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes (N 885 A)

Pour rehausser l’architecture des temples, les rois choisissent des matériaux de qualité tels le cèdre du Liban et le pin de Cilicie pour les vantaux de porte et les mâts des pylônes, ou le bronze pour les serrures et les fixations des mâts. Le verrou de bronze qui s’harmonisait aux gonds de métal illustre le soin apporté aux détails dans la maison des dieux. Jadis, au temps de la splendeur des temples, le bronze brillait d’un éclat doré soulignant le luxe de la porte. À une extrémité, le verrou de forme rectangulaire se termine par une tête de lion tandis qu’au sommet il supporte une image du fauve couché. L’intérieur est creux à l’exception de la tête de lion. Le verrou fonctionnait à la manière d’une targette. Il était logé à l’intérieur d’une cavité ménagée dans le montant de la porte. Lorsque le battant était poussé et plaqué contre le chambranle, on tirait le verrou qui reposait sur une attache fixée au vantail de bois. La porte était alors bloquée d’un côté par le chambranle contre lequel elle s’appuyait et de l’autre par le verrou. Ce système de fermeture condamnait l’accès aux salles du temple de l’intérieur, mais pas de l’extérieur. Le lion, animal féroce, joue ici un rôle protecteur. Il repousse les forces maléfiques susceptibles de franchir la porte au moment où l’officiant procède à son ouverture.

 

 

  

 

Sources : "VIsions du monde dans l'Egypte ancienne", Expo Hall Napoléon, 2009, "Les portes du Ciel", Le Louvre ; revue Toutankhamon 44 de 2009 ; "Egypte : terre des pharaons" dans Coll. Grandes civilisations du passé, 1993.

 

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Date de dernière mise à jour : 08/04/2012

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