Toutankhamon, des nouveautés...

 Où en est l'énigme "Toutankhamon" ?

 

 

 

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Détail du dossier du trône de Toutankhamon. Son cartouche où figure son nom.

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Les dernières analyses réalisées à partir de son ADN ont révélé ses liens de parenté avec, entre autres, Akhenaton.

Le 17 février dernier, Le Caire a divulgué les résultats des analyses d'échantillons de la momie. Ils ont levé le voile sur la filiation du pharaon le plus glamour de l'histoire.

Dans la XVIIIème dynastie, à la fin de la lignée des Ahmosides, je voudrais le père et la mère. Depuis vingt ans, la communauté internationale des égyptologues joue à un complexe puzzle des "sept familles" ; celui d'identifier la parentée de Toutankhamon. Depuis sa découverte dans la fabuleuse tombe inviolée de la vallée des Rois, par Lord Carnavon et Howard Carter, en 1922, le suspens reste entier et les conjectures vont bon train.

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Ci-dessus : Howard Carter, qui a ouvert le tombeau de Toutankhamon le 29 novembre 1922, examine l'intérieur du second sarcophage. Il ignore encore qu'il vient de dévoiler un mystère qui va le dépasser, mais dès le départ, sera le garant et le protecteur des trésors de Toutankhamon. 

 

Tests radiologiques, mesures crâniennes, comparaisons des groupes sanguins et tentatives de discerner des maladies congénitales se sont succédés sans jamais épuiser le débat.

Et voici que l'Egypte annonce qu'elle va communiquer, début février, le 17 février prochain le résultat de prélèvements ADN effectués sur la momie. Une conférence  de presse est prévue au Caire durant laquelle le maître de cérémonie, le chef des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass -forte personnalité- et grande figure dans le milieu de l'archéologie.

Les premiers travaux, débutés en 2008, portent sur deux foetus femelles trouvés dans la tombe de Toutankhamon. Les égyptologues débattent pour savoir si ces restes sont ceux d'enfants mort-nés du roi et de sa femme Ankhésenpaamon, ou s'ils ont été placés dans la tombe dans le but symbolique de faire apparaître le défunt comme un nouveau-né dans l'au-delà. Une comparaison des groupes sanguins réalisée en 1979 a conforté la thèse de la paternité et elle pourrait être confirmée le 17 février. Mais surtout la communauté scientifique retiendra son souffle lorsqu'il sera question de la généalogie du pharaon. Comme Toutankhamon n'a pas eu de descendance, s'il s'avère que son ADN est partagé avec une ou plusieurs autres momies, ces dernières seront forcèment liées à sa fratrie ou à son ascendance. Or, jusqu'à présent, des théories très différentes, voire contradictoires se sont développées à ce sujet.

Ce que disent les hiéroglyphes. Toutankhamon est, sur le trône, un des proches successeurs d'Akhenaton. En décembre 2008, Zahi Hawass a reconstitué un bloc calcaire rassemblant la représentation de Toutankhamon avec celle de sa femme, mentionnant qu'ils sont "fils et fille de roi". Oui mais lequel ?

Seconde hypothèse. La momie d'Akhenaton, découverte au début du XXème siècle, est en très mauvais état. Au cours des âges, elle a été déménagée et réenterrée. Ce pourrait même être celle de Smenkhkare, gendre et successeur d'Akhenaton. La comparaison peut néanmoins être tentée avec le grand-père putatif Aménophis dont la dépouille, plus 'saine', est conservée au Musée du Caire.

Problématique : les résultats pourraient aboutir non plus à une filiation mais à une fraternité : Toutankhamon cadet d'Akhenaton ! Cela conduirait à repenser le pouvoir en termes de corégence sur dix à douze ans. La chronologie, décisive pour cette époque charnière -celle durant laquelle Akhenaton renversa le panthéon des dieux gouvernés par Amon pour en adorer un seul, Aton dieu-soleil- serait entièrement à reprendre. On sait que le monothéisme ne prendra pas et sera à son tour combattu comme hérétique. Au point qu'on tenta dès l'époque de Toutankhamon d'éradiquer la statuaire et des hiéroglyphes y référant et qu'on restaura les anciens temples endommagés. Cette période de censure fait dire à plusieurs spécialistes qu'il ne faut pas suivre à la lettre les inscriptions d'alors. L'histoire a, dès cette période, pu être maquillée.

D'autres pistes : Toutankhamon pourrait être le fils de Smenkhkare ou du grand prêtre Aÿ, lequel sera son successeur. Ou encore aucun des personnages mentionnés jusque-là.

Est-ce que Néfertiti serait sa mère ? Sa beauté légendaire contribue à rendre la thèse séduisante. Mais sa momie fait, pour l'instant, défaut.

Quelles autres mères possibles ? Elles abondent car les pharaons de cette époque avaient un harem avec une favorite, une dizaine de concubines et une centaine de femmes. Une théorie minoritaire veut que la mère de Toutankhamon ait été une simple épouse. On a avancé le nom de Kiya. Celui de Tiyi, la grande veuve royale d'Amenophis, est également cité. Au CNRS, Alain Zivie, en charge d'une mission archéologique à Saqqara, se concentre depuis treize ans sur le cas de Maïa dont il vient de publier l'étude de la tombe. Cette mystérieuse épouse secondaire d'Akhenaton pourrait être Ankh-Khéperouré, la troisième de ses six filles. Toutankhamon serait donc issu d'une union incestueuse. A moins que Maïa ait été simplement sa mère nourricière.

 

Toutankhamon et sa femme detail de son troneCi-dessus :  plaque d'ivoire peinte ornant le couvercle d'un coffre. Toutankhamon et Ankhsenamon dans un jardin. La frise inférieure montre la cueillette des mandragores.

 

Rebondissements et coups de théâtre ! Annonce du verdict !

 

 


Akhenaton est bien le père de Toutankhamon. Il est le fils du roi maudit. Nous savons aussi que Toutankhamon n'a pas été assassiné.

 

Toutankhamon visage momifieTête de Toutankhamon momifiée.

 

Le prélèvement d'ADN a eu lieu sur le site même de la vallée des Rois. Sa momie est trop fragile pour faire le déplacement. Et la science a réussi à faire parler cette momie d'un enfant roi d'Egypte monté sur le trône dès neuf ans et mort dix ans plus tard.

Ce ne sont plus uniquement des archéologues qui font parler les hiéroglyphes pour comprendre le temps des pharaons, mais aussi des profileurs de l'anthropologie médico-légale que les meilleurs spécialistes de la lecture ADN.

Les romanciers peuvent revoir leur copie. Toutankhamon n'est pas mort assassiné mais d'une fracture de la jambe qui s'est infectée. Faiblesse fatale pour un tout jeune adulte déjà affaibli par la malaria, le paludisme et une nécrose avasculaire qui l'empêchait de marcher. Le mythe du complot va tomber aux oubliettes à tout jamais.

 

 

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Ci-dessus : tête de l'enfant-roi  surgissant d'un lotus comme le soleil levant ; trouvé à l'entrée de la tombe.

 

Et la révélation primordiale est sa parenté avec Akhenaton. Il est son père biologique ; et non plus Smenkhkarê (le gendre de ce dernier) qu'une étude radiologique précédente privilégiait.

Une découverte importante. Les thèses sur les relations incestueuses des pharaons sont établies. L'union d'Akhenaton et d'une de ses soeurs, la momie dite de la "jeune dame" est prouvée. Plus en amont -et toujours concernant cette XVIIIème dynastie- le schéma généalogique proposé jusqu'alors se voit définitivement confirmé. Tiyi, fille de Iouya et de Touyou, est bien la mère d'Akhenaton. Aménophis (ou Amenhotep III) est bien le père de celui-ci. La chronologie proposée par la majorité des scientifiques est donc bien la bonne.

 

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"Toutankhamon marchait certainement avec grande difficulté", assure Zahi Hawass. "C'est ce qui explique les cannes découvertes dans sa tombe, dont certaines montrent des signes évidents d'utilisation. Par ailleurs, dans les représentations, le roi est montré assis lors d'activités qui devraient normalement s'effectuer debout, comme le tir à l'arc ou le lancer de javelot."

Le scanner a mis en évidence que le trou remarqué à l'arrière de sa tête, était dû à une mauvaise manipulation des embaumeurs lors de l'extraction du cerveau et du remplissage des onguents dans la cavité crânienne. Le scan a également mis en évidence la nécrose avasculaire qui s'est développée à partir d'un os du pied gauche. Cette maladie peut être terrible car elle ne guérit pas et s'aggrave avec le temps.

Pour aller encore plus loin dans les analyses et faire "parler" une momie d'un pharaon mort il y a plus de trois mille ans, d'autres machines capables d'analyser l'ADN très ancien, sont venues compléter le laboratoire. Les mécènes ont alors aidé avec un dispositif de 5 millions de dollars par une technologie pouvant tracer la lignée paternelle  par des séquences spécifiques du chromosome Y.

L'ADN mitochondrial, l'ADN extrachromosomique qui est transmis de la mère à l'enfant, a été travaillé pour l'étude de la lignée maternelle (ces résultats n'ont pas été jugés concluants). Et, enfin l'ADN autosomique du génome nucléaire, qui n'est pas connecté au sexe, a complété l'empreinte génétique. Selon la procédure, les résultats devaient être contre-vérifiés. Cela a été fait au centre médical universitaire de Kasr el-Aini, dans le nouveau Caire, également équipé.

En plus de l'enfant roi, dix autres momies ont subi des prélèvements à fin de comparaison : cinq dépouilles présumées de sa famille et cinq autres, présumées antérieures mais inclues dans l'ère du Nouvel Empire, sélectionnées en tant que groupe de contrôle.

Pour chacune, dix à quinze échantillons de moelle ont été extraits dans des conditions de stérilité soigneusement contrôlées. Les aiguilles employées, extrêmement fines, étaient identiques à celles nécessaires aux biopsies osseuses.

Avec l'étude des corps des deux nouveaux-nés trouvés dans la tombe de Toutankhamon, c'est une lignée de cinq générations qui est fixée. Soit toute la fin de la XVIIIème dynatie, car le "Pharaon d'or" n'a pas eu de descendance.

Toutes ces découvertes nous révèlent une étrange histoire  familiale fondée sur la consanguinité et l'inceste. Tous deux frères et soeurs et enfants du roi Iouya et de la reine Touyou, Amenhotep III et Tiyi ont donné naissance à Akhenaton et à la mystérieuse princesse KV 35 ou "jeune dame". Laquelle, unie à son frère Akhenaton, est à la fois la mère biologique et la tante de Toutankhamon. Du mariage d'Akhenaton avec Nefertiti, serait née la princesse Ankhsenamon, mariée à son tour avec son demi-frère Toutankhamon. Une idylle consanguine selon les coutumes de ce temps qui, très probablement, a empêché le "Pharaon d'or" d'avoir une descendance, puisqu'aucune  de ses deux filles n'a survécu. Cette origine incestueuse est-elle aussi indirectement à l'origine de la mort de Toutankhamon, emporté par la malaria et les séquelles d'une dégénérescence osseuse au niveau de son pied gauche ?

Ce que l'on peut conclure, est que si les héritiers de ce couple de demi-dieux, fruits de l'inceste et apparemment incestueux lui-même, avaient vécu, la face du monde de l'Egypte ancienne et donc du monde en aurait sans doute été changée.

 

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Toutankh sarcophage 1

 Voici la partie supérieure du 3ème sarcophage, celui qui contenait la momie, couverte de son masque d'or et munie de tout son réseau de bijoux et d'amulettes! Il est fait d'OR massif battu, à 22 carats. Il reproduit -avec précision et finesse croissantes depuis le premier sarcophage doré jusqu'à celui-ci- l'image du dieu Osiris, première momie! Ce sarcophage momiforme est incrusté de pierres semi-précieuses et de pâtes de verre. Le visage donne l'impression d'une sérénité très grande et sa majesté est encore amplifiée par le cadre d'or, formé par les ailes de sa coiffure 'nemset', qui n'est plus rayée de bleu et d'or, mais offre à l'oeil une zone de calme grandeur.
Sarcophage : hauteur 51 cm, largeur 51,3 cm, longueur 187,5 cm.

 

Toutankhamon egypte pharaon exposition detail du masque funeraire

Détail du masque funéraire de Toutankhamon.

 

toutankhamonmasque-funraire.jpgVoici le masque funéraire de Toutankhamon, en or masif incrusté de pierres et de pâtes de verre. C'est le plus beau masque funéraire jamais trouvé au monde ; il montre un fini extraordinaire, et constitue un parfait exemple d'orfèvrerie mise au service du portrait. A l'Ancien Empire, un masque de plâtre était posé sur la momie. Puis il fut remplacé, dès avant le Moyen Empire, par un masque fait d'un cartonnage.

Ce masque d'or, comparé au visage de la momie et aux effigies du roi, semble être à l'image du jeune souverain. Il était directement posé sur le visage enveloppé de bandelettes. Grandeur nature, il est fait d'or massif, battu, incrusté de pierres semi-précieuses et de pâtes de couleurs. Le roi porte le couvre-perruque appelé nemset, aux deux retombées latérales, et dont l'arrière est retenu par une ligature serrant ce pan en une sorte de queue.

Les deux animaux dynastiques protégeant le roi sont figurés sur le front, et la fausse barbe des dieux orne le menton. Le fard des yeux et les sourcils sont faits de lapis-lazuli. Le masque se termine par un large collier de plusieurs rangs de perles tubulaires de pierres semi-précieuses et de pâtes de verre.

Hauteur 54 cm, largeur aux épaules 39,3 cm.

 

 

 

 

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Sources : Le Figaro du 8 février 2010, article de D. Biétry-Rivierre ; Le Figaro Magazine du 20 février 2010 ; "Toutankhamon" de Christine Desroches Noblecourt ; Toutankhamon ; "L'affaire Toutankhamon" de Christian Jack 

 

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Date de dernière mise à jour : 17/08/2017

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